Prix du gaz : +6,6 % au 1er novembre 2026, ce que ça change pour votre maison
02 Novembre 2026

Prix du gaz : +6,6 % au 1er novembre 2026, ce que ça change pour votre maison

Depuis le 1er novembre, se chauffer au gaz coûte encore un peu plus cher. C’est la troisième hausse d’affilée, après celles de septembre et d’octobre. Le prix repère publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) atteint même son niveau le plus haut depuis sa création en 2023.

Mais que représente vraiment cette hausse pour une maison chauffée au gaz ? Pourquoi les prix montent-ils ? Et surtout, que pouvez-vous faire, concrètement, sans gros travaux ? On fait le point.

Les chiffres à retenir 👉

  • +6,6 % : la hausse du prix repère du gaz au 1er novembre 2026.

  • 194,90 € le MWh TTC en moyenne, contre 182,88 € au 1er octobre.

  • 0,1576 € le kWh pour un contrat « chauffage » (hors abonnement). Il y a un an, en novembre 2025, ce même kWh coûtait environ 0,103 €. Le prix a donc augmenté d’environ 50 % en un an.
  • +12 € en moyenne sur la facture de novembre, selon la CRE.

📌 Un chiffre étonnant : le kWh de gaz pour le chauffage coûte désormais presque autant que le kWh d’électricité en heures creuses, à 0,1589 € (comparaison Selectra au tarif réglementé). C’est une situation inhabituelle : pendant des années, le gaz était nettement moins cher que l’électricité.

Qui est concerné ?

Pas tout le monde ! Tout dépend de votre contrat.

  • Votre offre est « indexée » sur le prix repère : vous êtes concerné. C’est le cas d’environ 6 millions de foyers, soit près de 60 % des abonnés au gaz.
  • Votre offre est à prix fixe : votre prix du kWh ne bouge pas tant que votre contrat est en cours. Regardez bien la date de fin, car le prix sera renégocié à ce moment-là.

👉 Comment savoir ? C’est écrit sur votre facture ou dans votre espace client, à la rubrique « type d’offre » ou « prix ». Si vous voyez les mots « indexé », « prix repère » ou « variable », vous suivez les hausses.

Pourquoi le gaz augmente autant ?

La hausse ne vient ni des taxes ni du transport. Elle vient du prix d’achat du gaz sur les marchés européens.

  1. Le prix repère suit le marché avec un décalage. Le prix de novembre a été calculé à partir des prix de gros de septembre, qui étaient nettement plus élevés qu’en août.
  2. Le contexte international pèse lourd. La référence européenne du gaz (l’indice TTF) est passée d’environ 31 €/MWh fin février à près de 83 €/MWh pour les livraisons de novembre, depuis le début de la guerre dans le Golfe.
  3. Les stocks européens sont bas. Selon les relevés cités par la presse spécialisée, ils sont à leur niveau le plus bas depuis 2011 pour cette période, alors que l’hiver commence.

Et en décembre ? Le prix de décembre se calcule sur les cotations d’octobre, qui ont encore monté. Les comparateurs anticipent donc une nouvelle hausse, mais leurs estimations varient. Le chiffre officiel sera publié par la CRE courant novembre.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant 

1. Vérifier votre contrat

Comparez votre prix du kWh (abonnement compris) avec le prix repère. Changer de fournisseur de gaz est gratuit et sans coupure, et l’ancien contrat est résilié automatiquement. Ce n’est pas une obligation, mais ça vaut la peine de regarder.

2. Ajuster votre mensualité

Si vous êtes mensualisé, vos prélèvements ont été calculés avec les anciens prix. Les augmenter un peu dès maintenant évite une mauvaise surprise au moment de la régularisation, au printemps.

3. Faire entretenir votre chaudière

L’entretien annuel d’une chaudière gaz est obligatoire. C’est aussi une question de sécurité, à cause du monoxyde de carbone. Une chaudière bien réglée brûle mieux le gaz et consomme moins. Si la dernière visite date de plus d’un an, c’est le moment.

4. Purger les radiateurs

Un radiateur chaud en bas et froid en haut contient de l’air. Il chauffe mal et la chaudière tourne plus longtemps pour rien. La purge prend cinq minutes avec une clé de purge et un chiffon. Pensez ensuite à vérifier la pression de la chaudière.

5. Règler la bonne température

Selon l’ADEME, baisser le chauffage d’1 °C permet de réduire la consommation d’environ 7 %. Les repères conseillés sont 19 °C dans les pièces de vie, 16 à 17 °C dans les chambres, et moins encore quand la maison est vide. Un thermostat programmable fait ce travail tout seul.

6. Laisser circuler la chaleur

Ne cachez pas vos radiateurs derrière un canapé ou de longs rideaux. Le soir, fermez les volets : c’est une isolation gratuite pour les fenêtres.

7. Utiliser le chèque énergie si vous y avez droit

Si vous recevez un chèque énergie, il peut servir à payer directement une facture de gaz.

Et sur le long terme ?

Les petits gestes réduisent la facture, mais ils ne changent pas une réalité : une maison qui perd sa chaleur aura toujours besoin de beaucoup d’énergie, quel que soit le prix du gaz ou le mode de chauffage.

En Alsace, beaucoup de maisons des années 60 à 80 ont des combles peu isolés, des murs sans isolation et des fenêtres anciennes. Dans ces maisons, la chaleur s’en va d’abord par le toit, puis par les murs et les fuites d’air. Améliorer l’isolation, c’est :

  • moins de kWh à acheter, chaque hiver ;
  • un meilleur confort, sans parois froides ni courants d’air ;
  • une meilleure étiquette DPE, qui compte de plus en plus au moment de vendre ou de louer.

Avant de choisir des travaux, le plus utile est de savoir où votre maison perd vraiment sa chaleur. Un audit énergétique ou un conseiller France Rénov’ peut vous aider à y voir clair, gratuitement et sans engagement.

 Sources : Commission de régulation de l’énergie (via AFP / Connaissance des Énergies), JeChange, Selectra. Chiffres arrêtés au 2 novembre 2026.

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